Des filets et des Hommes : les pêcheurs du Bosphore
Chaque année, de septembre à mars, des dizaines de bateaux déploient leurs filets de pêche dans le nord du Bosphore à Istanbul (Turquie). À l’embouchure de la Mer Noire, ces « senneurs » pratiquent la pêche à la senne, une technique très ancienne consistant à déployer de manière circulaire des filets pouvant mesurer jusqu’à 1,5 kilomètre de long pour encercler et capturer les poissons.
Avec l’utilisation de bateaux de plus en plus grands visant à satisfaire une demande toujours croissante dans une mégalopole de près de 20 millions d’habitants, la sur-pêche et son impact environnemental soulèvent de plus en plus de questions et de critiques. Ceci est d’autant plus vrai que le Bosphore est un couloir de migration de première importance pour nombre d’espèces marines, telles que bonites, maquereaux ou encore plusieurs espèces de dauphins.
Mais derrière ces considérations environnementales légitimes, la pêche revêt aussi une importance socioéconomique et culturelle de premier plan. Istanbul et ses habitants ont toujours entretenu une relation particulière avec la pêche. Au delà d’être un loisir et une activité sociale pour beaucoup de stambouliotes, la pêche professionnelle est aussi source de revenus pour des centaines de familles turques.
Ainsi, les propriétaires de « senneurs » de Sarıyer, ancien village de pêcheurs au nord du Bosphore maintenant intégré à Istanbul, détiennent des droits de pêche historiques depuis plusieurs générations, qu’ils se transmettent de père en fils. Pendant 7 mois, il vont embarquer avec une vingtaine de pêcheurs souvent originaires des côtes de la Mer Noire et partager un quotidien rythmé par le déploiement et le halage de ces interminables filets.
Photos : Jérémie Labbé



















