Thaïs d’Escufon, militante identitaire et polémique
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Thaïs d’Escufon, militante identitaire et polémique


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Thaïs d’Escufon, porte-parole du groupuscule d’extrême-droite Génération identitaire, agite les réseaux sociaux et les plateaux télévisés afin de protester contre la procédure de dissolution du mouvement, engagée par Gérald Darmanin le 13 février dernier.

Thaïs d’Escufon, née en 1999 dans la région toulousaine utilise un pseudonyme. «  Mon vrai prénom est Anne-Thaïs et d’Escufon vient d’une branche éteinte de ma généalogie. Cela permet de me protéger, ainsi que ma famille qui n’a pas choisi cette exposition médiatique, mais sans pour autant renier mon identité », confie la jeune femme.

Identitaire et fière de l’être
L’activiste de 21 ans a grandi aux cotés de 9 frères et sœurs dans un environnement aisé, croyant et aux idéologie d’extrême-droite qu’elle partage. Etudiant les langues étrangères appliquées au sein de l’université de Toulouse Jean Jaurès, dans le quartier du Mirail, c’est lors de son arrivée dans les études supérieures en 2018 qu’elle décide de rejoindre Génération identitaire (GI). « C’est un quartier très islamisé avec une forte population d’immigrés », déclare la militante. « J’étais choquée de voir des femmes voilées dans mes cours, les racailles qui sciaient les caméras de surveillance ou encore les patrons de bars qui n’acceptaient pas les femmes dans le quartier. J’avais conscience de ces problèmes depuis toujours, mais en en faisant le constat par moi-même, j’ai compris l’urgence de la question et j’ai voulu aller au bout de mes convictions et devenir un acteur politique pour défendre l’amour profond que je porte à mon pays ». Peu à peu, Thaïs d’Escufon fait de son engagement militant une priorité dans sa vie, au détriment de sa licence qu’elle ne pense pas obtenir. Toute sa vie tourne autour du militantisme, ses amis faisant également partie du groupuscule d’extrême-droite pour la grande majorité d’entre eux. A défaut de trouver du temps pour ses études, elle travaille à mi-temps en tant que surveillante dans une école de Toulouse pour payer son loyer.

La porte-parole de Génération identitaire, Thaïs Descufon chez une de ses (...)

« Ce sont les médias qui m’ont propulsée »
La jeune femme participe à plusieurs opérations médiatiques avec l’association GI, notamment l’opération anti-migrants menée dans les Pyrénées en janvier dernier et l’occupation des locaux de SOS Méditerranée en 2018 pour laquelle 22 militants sont en attente de jugement correctionnel pour violences volontaires et séquestration. Mais c’est le déploiement d’une banderole comportant les inscriptions « Justice pour les victimes du racisme anti-blanc – White lives matter » lors de la manifestation en souvenir d’Adama Traoré le 18 juillet à Paris que la jeune femme se retrouve sous le feu des projecteurs. « Lors de cette action, j’ai fait une vidéo qui est devenue virale cumulant rapidement plus d’un millions de vues. Suite à cela, les médias m’ont contactée à de nombreuses reprises et je suis de fait devenue porte-parole du mouvement. Ce sont les médias qui m’ont propulsée à cette place, ce n’était pas ma volonté au départ, même si je savais que j’avais le potentiel requis » explique Thaïs, non sans fierté.

Une conviction inébranlable
Lorsqu’on lui demande si elle ne craint pas que cette médiatisation la mette en danger, elle balaye la question d’un revers de main. «  Les risques que je prends sont mesurés et acceptables face au véritable danger qui menace notre civilisation. Je veux montrer l’exemple, on n’a pas à se cacher, nos idées sont légitimes et j’ai toujours plus de risques de me faire violer au coin d’une rue par un clandestin ou agresser à cause de l’immigration. Le risque existe, je ne fais que le dénoncer » clame-t-elle, avant d’ajouter « il faut arrêter de se voiler la face, partout où il y a de l’Islam, il y a de l’islamisme ».

Thais d'escufon sur la manifestation contre la dissolution de génération (...)

De Twitter à YouTube
Dans l’attente de la décision judiciaire concernant la dissolution du groupuscule engagée par le gouvernement, la porte-parole de GI s’interroge concernant cette procédure et la lettre envoyée par le ministère de l’Intérieur à l’association. « On dirait que cette lettre de dissolution a été écrite par un stagiaire, c’est une blague ! Ils n’ont pas les outils juridiques pour nous dissoudre, cela relève uniquement de critères politiques et idéologiques. D’un point de vue purement judiciaire, nous sommes sûrs de gagner, mais nous craignons que Gérald Darmanin outrepasse la loi et trouve des raisons malhonnêtes, qu’il fasse pression sur les juges pour parvenir à ses fins », dénonce Thaïs d’Escufon. « Mais dans tous les cas, cela n’atteindra pas notre détermination. Ils peuvent dissoudre un mouvement, mais pas nos idées ! ». Bien que la jeune femme ne dise pas envisager une carrière politique, elle prévoit de lancer une chaîne Youtube pour «  parler à ces petits Français en manque de repères pour les sensibiliser et continuer à porter leur voix », alors qu’elle a déjà été censurée par Twitter, qui a fermé son compte l’été dernier.

Texte : Maxime Bonneau
Photos : Maxime Bonneau et Marine Claude



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