La seconde chance d’Ombeline
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La seconde chance d’Ombeline


association emploi logement lyon Précarité social

Depuis 2020, Ombeline est chargée de mission pour l’association P.E.R.L.E., à Lyon. L’association accompagne des résidents de centres d’hébergement dans un parcours de retour vers l’emploi, afin de retrouver un logement autonome. Pour la jeune femme, il s’agit d’un profond engagement qui fait sens avec son histoire.

Ombeline a 26 ans, une petite silhouette agitée, un sourire timide, mais une voix posée. Elle a grandi au coeur de Paris, dans un milieu qu’elle considère privilégié. Elle réside aujourd’hui à Lyon où elle travaille depuis peu, pour l’association P.E.R.L.E, un dispositif de parcours évolutif de retour à l’emploi , piloté par le Foyer Notre-Dame-des-Sans-Abri.
« Toute petite, je me souviens d’un vieux monsieur barbu avec un bonnet, qui s’appelait Moujik. Il vivait dans la rue, en bas de mon immeuble et j’ étais très proche de lui. Je lui balançais mes petits jouets par la fenêtre, qu’il rattrapait pour moi » raconte-t-elle.
Elle se souvient aussi de la présence de sa tante atteinte de troubles psychiques, alternant disparitions, séjours en psychiatrie, vie à la rue. Une tante marginalisée par sa maladie, qui est réapparue le jour de l’enterrement de sa grand mère, vêtue d’un pantalon très sale, en situation de grande précarité. Elle a pris conscience que, pour certaines personnes fragiles, avoir une famille n’empêchait pas de chuter dans la vie.

Ombeline dans son appartement à Lyon

Ombeline n’a jamais été très à l’aise à l’école car elle avait des troubles de l’attention et d’hyperactivité, et a développé un manque de confiance en elle. À 20 ans, son BTS en poche, elle décide de partir un an à l’étranger pour faire du volontariat humanitaire, dans un orphelinat et un centre pour enfants en situation de handicap en Bulgarie et dans une école au Congo.
« J’étais dans un quartier où se côtoyaient une mosquée et une église catholique qui cohabitait parfaitement. Il y avait 5 coupures d’électricité par semaine et pas d’eau courante, quand je me baladais dans la rue, j’étais la seule européenne, ça forge le caractère » avoue-t-elle. « Un jour, un homme dans la rue m’a dit : Hier j’ai vu Dieu, et Dieu m’a dit que j’allais rencontrer une belle mundele (une blanche) comme vous, voulez-vous m’épouser ? » raconte-t-elle en riant.

En rentrant en France, elle reprend ses études à l’école 3A, ( école du développement responsable et international ) à Lyon et prolonge son engagement auprès d’associations locales. Avec le recul, Ombeline pense que ce sont ces souvenirs et ces expériences qui l’ont profondément marquée et sensibilisée au monde de la rue, et qui font ce qu’elle est devenue aujourd’hui.
La jeune femme a trouvé sa voie : redonner confiance à des personnes qui ont chuté dans leurs vies et qui, selon elle, méritent une seconde chance. « J’ai postulé chez P.E.R.L.E. parce que je trouve qu’elle a une âme différente des autres associations et c’est ce que j’apprécie au quotidien. J’aime le fait qu’elle s’intéresse profondément aux besoins et envies de l’individu au delà de l’aspect financier apporté par l’emploi » conclut-elle.

Texte et photos : Emmanuelle Firman



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