Les hoquets de la campagne vaccinale en pharmacie
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Les hoquets de la campagne vaccinale en pharmacie


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Noeux-les-Mines (Hauts-de-France), mars 2021. Les pharmaciens participent à la campagne de vaccination anti-Covid-19. Cependant la suspension temporaire de l’utilisation du vaccin AstraZeneca par le Gouvernement en a ralenti l’organisation. Xavier, pharmacien assistant d’une officine des Hauts-de-France témoigne des difficultés rencontrées au cours de la mise en route de cette campagne vaccinale.

« La vaccination anti-Covid19 par les pharmaciens devait débuter le 15 mars 2021 », déclare Xavier, pharmacien assistant depuis trois ans à la pharmacie Saint-Martin, « mais dans l’après-midi le Gouvernement annonce la suspension de l’utilisation du vaccin AstraZeneca ». Les vaccinations avec AstraZeneca ont finalement repris vendredi dans l’Hexagone suite à l’avis favorable de l’Agence européenne du médicament, mais le mal était déjà fait.

Portrait d'un pharmacien

La France avait en effet décidé de suspendre l’utilisation du vaccin AstraZeneca à cause « d’événements graves thromboemboliques et hémorragiques » survenus en petit nombre chez des personnes vaccinées. Le 18 mars, l’Agence Européenne des Médicaments (AEM) annonce « qu’il n’y a pas d’augmentation du risque global, et que le bénéfice apporté par le vaccin est bien supérieur au risque éventuel ». Mais la Haute Autorité de Santé (HAS) rappelle que la possibilité d’un lien entre le vaccin et les problèmes de coagulation rencontrés ne peut pas être écartée à ce jour. L’HAS affirme que « la vaccination AstraZeneca peut reprendre sans délai ». A ce stade il est recommandé de n’utiliser le vaccin AstraZeneca que pour les personnes âgées de 55 ans et plus.

Une organisation complexe

« La livraison des doses est difficile et permettra la vaccination de dix à vingt personnes par semaines, ce n’est pas suffisant », constate Xavier. « Mais nous espérons commencer la vaccination lundi prochain, après avoir reçu les dernières directives des instances médicales ». Les patients ne semblent pas perdre leur confiance dans ce vaccin et continuent à appeler pour obtenir un rendez-vous.

Flacon de vaccin AstraZeneca sur un portoir dans un réfrigerateur. Un pharmacien relève la température du réfrigérateur.

Des critères d’éligibilité à la vaccination sont fixés par l’HAS. Les patients âgés de 55 à 75 ans et présentant des facteurs de comorbidités peuvent bénéficier du vaccin AstraZeneca. Chaque pharmacie gère les rendez-vous avec un agenda ou par l’intermédiaire de la plate-forme « doctolib ». La liste d’attente est longue car les vaccins arrivent au compte-goutte. Dès qu’un flacon est disponible, dix patients sont contactés et l’injection a lieu.

Plus accessible que les « vaccinodromes »
Une salle spéciale est dédiée à la vaccination. « Le patient remplit une fiche de critères d’éligibilité puis le pharmacien prescrit le vaccin », explique Xavier. Puis l’acte de vaccination est enregistré sans délai sur le système de téléservice Vaccin Covid. Il s’agit d’un impératif de sécurité sanitaire pour la traçabilité des injections et le suivi de la consommation réelle des doses. Par ailleurs le pharmacien doit avoir été formé à l’acte vaccinal et avoir déclaré cette activité auprès de l’Agence Régionale de Santé (ARS).

Salle de vaccination prête mais inutilisée.

Pour le praticien, cette vaccination en officine permet une accessibilité à beaucoup de personnes habitant la campagne, ce qui n’est pas possible avec les « vaccinodromes ». « Mais l’organisation générale n’est pas au point, nous ne savons pas où sont les doses, ni quand elle arrivent. La gestion des rendez-vous est très difficile », conclut Xavier.

Texte et photos : Guy Leroy


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