Des fruits et légumes en distribution automatique
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Des fruits et légumes en distribution automatique


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Lille (Hauts-de-France), 4 mars 2021. Un concept innovant permet aux agriculteurs de vendre leur production directement aux consommateurs de la ville de Lille selon un « circuit court ». Une boutique située en centre-ville réunit 360 distributeurs automatiques de fruits et légumes. Ce « petit coin de campagne » à la ville séduit grandement les utilisateurs à la recherche de produits locaux frais.

Lille, 04 mars 2021. En plein coeur du Vieux-Lille se trouve une boutique étrange qui répond au nom de « en robe des champs ». On n’y trouve ni rayon, ni vendeuse, mais de longues rangées de casiers contenant des produits de la ferme. « Nous ne vendons que des produits de saison  », explique Dorothée Couq, la gérante de ce concept innovant.

Dorothée Couq et son mari sont agriculteurs dans la région d’Arras. En 2017 ils décident d’organiser un système de distribution de leurs produits en « circuit court ». Ils ouvrent un magasin dans le centre de Lille et y placent des distributeurs automatiques. « Ce système de distributeurs existe déjà au niveau des fermes, dans le Pas-de-Calais. Mais nous habitons dans un petit village, cela n’aurait pas fonctionné. Il nous a semblé plus logique de réaliser cette opération en ville où il y a beaucoup de passage  », précise la cultivatrice.

Façade d'une boutique de fruits et légumes Vue d'ensemble sur l'intérieur du magasin : deux personnes (...)

« Ce concept me séduit grandement »
L’approvisionnement des casiers avec des produits de saison se fait tous les jours par deux employées. La pièce est climatisée et surveillée par des caméras. Un espace de 40 m2 permet d’abriter environ 360 distributeurs automatiques.

Le parcours de l’acheteur est très simple. Il choisit les casiers contenant les produits qu’il désire, les prix et les poids sont affichés. Puis il se dirige vers une borne de paiement pour acheter la marchandise choisie. Quand le règlement est effectué, la porte du casier s’ouvre, les articles sont disponibles. Le magasin est ouvert sept jours sur sept, jusque 22 heures. Aucune pré-commande informatique ni abonnement ne sont nécessaires.

« Ce concept me séduit grandement  », témoigne un client venu acheter ses légumes, « les produits sont frais, la qualité est au rendez-vous, les prix sont très raisonnables. Le magasin est ouvert tous les jours. Par ailleurs, je soutiens les producteurs locaux  ».

Un client prends des poireaux dans un casier automatique

Un coin de campagne à la ville

Il est impossible de définir le profil du client habituel. Il peut s’agir d’un étudiant, d’un jeune ménage qui nourrit sainement sa famille, d’une personne modeste attirée par de bons produits peu chers. Mais de nombreuses personnes âgées désireuses de faire vivre les producteurs locaux sont présentes et se rendent compte que les machines de distribution sont faciles à utiliser.

« Parfois une machine tombe en panne et distribue gratuitement les produits. Les clients appellent alors pour signaler l’anomalie et indiquer l’endroit où ils ont mis l’argent  », raconte la productrice. Elle explique que les acheteurs ont conscience d’acheter à un producteur et se sentent chez eux. Ils le soutiennent et l’aident. Ils protègent leur « coin de campagne » à la ville.

Une agricultrice remplit un casier automatique. Vue sur des casiers automatiques. Vue sur l'intérieur d'un casier ouvert : carottes, poireaux, (...)

Ce système permet aux producteurs de fixer leurs prix sans passer par les intermédiaires de la grande distribution. «  La solidarité paysanne s’exprime, nous aidons une vingtaine de nos collègues à vendre leur production », se réjouit l’agricultrice

Les produits ne sont pas issus d’une culture « bio », mais d’une culture « raisonnée ». Les traitement anti-germinatifs, pesticides ou conservateurs ne sont pas utilisés. «  il n’est pas rare d’observer des insectes sur les choux ou de voir des pommes de terres germer », raconte en souriant la gérante. « Les fruits non calibrés ne sont pas très esthétiques. Il faut les manger rapidement avant qu’ils ne s’abiment  ».

De nouvelles habitudes voient le jour
La crise sanitaire a généré une augmentation d’activité. Pendant le premier confinement de nombreuses personnes ont découvert le magasin, les ventes ont explosé. Les nouveaux clients sont restés fidèles, et la progression continue. « Nombreux sont ceux qui ont découvert le circuit court, à leur porte, et garderont ces nouvelles habitudes », conclut Dorothée Couq.

Texte et photos : Guy Leroy



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