Mon vélo a explosé
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Mon vélo a explosé


coup de pouce réparation vélo

Propriétaire et gérant d’un atelier de réparation de vélos à Toulouse, Camille Chalain revient sur la croissance qu’a connue le secteur pendant la crise sanitaire, notamment grâce à l’opération "Coup de pouce vélo" lancée par le gouvernement.

« Pendant la crise sanitaire, le vélo a explosé tant dans sa pratique que dans sa demande », constate sobrement Camille Chalain, propriétaire et gérant de la boutique de réparation Mécanicycle, à Toulouse. Installé dans la Ville rose depuis 15 ans, cet ancien libraire originaire de Nantes a eu l’idée de lancer en 2013 un service de dépannage de vélos à domicile. « À l’époque ça n’existait pas », explique le pétillant cinquantenaire dont la florissante entreprise située dans le quartier Saint-Cyprien continue d’effectuer de 10 à 12 dépannages à domicile par jour, soit la moitié de son activité.

La peur des transports en commun
De mai 2020 à mars 2021, le « Coup de pouce vélo » mis en place par le gouvernent a été une vraie manne pour le secteur. Dès le début du confinement, les Français ont massivement déserté les transports en commun et leurs hordes d’usagers potentiellement porteurs du Covid-19 pour se tourner vers la petite reine. « Mais il n’y avait pas assez de vélos neufs disponibles à la vente », se souvient Camille. Financé par une taxe sur l’énergie à hauteur de 100 millions d’euros, le Coup de pouce vélo a permis aux Français de sortir leurs vieux vélos de leurs caves et de les remettre en état de rouler.
Dans cet atelier toulousain, plus de 1700 réparations ont été effectuées grâce à la subvention, soit 90% des réparations totales. Il s’agit essentiellement d’opérations de révision ou de remise en état de la transmission (chaînes, pignons...) et des systèmes de freinage. « Quand il s’agissait d’un problème mineur comme un pneu crevé, on conseillait au client de ne pas utiliser le Coup de pouce », confie le chef d’entreprise.

Pas assez d’infrastructures
Le Coup de pouce a eu pour conséquence d’éponger dès décembre 2020 le manque à gagner dû au premier confinement grâce notamment à une augmentation de la taille du panier moyen des réparations, qui est passé de 49€ à 56€ pendant le durée de son application. La croissance acquise pendant la durée du confinement, elle, est durable. « On a gagné 3 ou 4 ans » estime ce passionné de la bicyclette qui voit dans la résurgence du vélo un phénomène européen, voire mondial, ayant débuté aux alentours de 2014. Il cite notamment le cas de la Chine qui, après avoir commencé à effectuer une transition massive du vélo vers la voiture, ferait aujourd’hui marche arrière.
À Toulouse, malgré des projets tels que le parking à vélo de 1000 places aux abords de la gare Matabiau ou le Réseau express vélo, « on ne développe pas assez les infrastructures » se désole-t-il en évoquant la difficulté qu’il peut y avoir à aménager les quartiers historiques ainsi que l’inadaptation du réseau de métro au transport des vélos. Et de rappeler que Toulouse a été « la dernière grande ville à mettre en place la piste provisoire vélo pendant la crise sanitaire ».

Texte et photos par Grégory Dziedzic.

Camille Chalain, réparateur de vélos Intérieur d'une boutique de réparations de vélos Démontage d'une selle de vélo La roue tourne Accueil d'un client Camille Chalain, réparateur de vélos Vélo garé à côté d'une piste cyclable

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