Etudiants étrangers : un parrainage contre l’isolement
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Etudiants étrangers : un parrainage contre l’isolement



En ces périodes de confinement et de couvre-feu, de nombreux étudiants étrangers vivent isolés. Pour pallier cette détresse, le Collectif Solidarité Etudiante a créé un système de parrainage dans le but de leur apporter une aide culturelle et affective.

Deniz, Canadienne, vit dans une résidence étudiante dans le 3e arrondissement de Lyon. Son studio de 19m2 a été son lieu de confinement et de vie en temps de pandémie depuis son arrivée en France en septembre 2020.

A tout juste 18 ans, cette étudiante en littérature espagnole a commencé sa vie d’adolescente dans une ambiance bien différente de celle que les anciennes générations ont pu connaître. La recherche d’un job étudiant s’avère plus difficile dans le contexte actuel, alors que la plupart d’entre eux ont été supprimés suite à la pandémie. « J’aimerais avoir mon premier travail, être dans un environnement professionnel. Mais aussi gagner de l’argent pour épargner et payer mon master en Espagne ». Sans aide financière, elle a pu bénéficier des distributions alimentaires organisées par son école et par le Collectif Solidarité Etudiante.

Mais surtout, les sorties entre amis se font de plus en plus rares. « Avant d’arriver, j’imaginais que j’allais me faire beaucoup d’amis, que j’allais sortir avec eux, que j’allais avoir mes premières expériences. Par exemple, je ne suis jamais allée dans un bar ». Les rencontres sont plus difficiles aujourd’hui. Les quelques personnes que l’adolescente a rencontrée, elle ne les voit que rarement. « En fait, le plus important, ce n’est pas d’avoir des amis, c’est de pouvoir passer du temps ensemble, ce qui est compliqué aujourd’hui. On n’ose plus vraiment sortir ». Ses journées sont routinières : réveil à quatre heure du matin, nettoyage, devoir, recherches, cours, repas, courses le jeudi, repos, film.

« Je ne peux pas dire que j’étais déprimée, la dépression c’est quand même une maladie. Mais je n’allais pas bien ». En plein confinement, l’annonce du Collectif Solidarité Etudiante proposant un système de parrainage a été pour elle une évidence. Deux heures après avoir répondu à un questionnaire sur son identité, ses habitudes et ses hobbies, Catherine Fillon, professeur à l’initiative du collectif, lui présentait Sidonie. « Cela m’a permis, en plus d’être soutenue, de me socialiser. Sidonie m’a présenté à beaucoup de ses amis. Elle a 34 ans, mais notre différence d’âge ne nous a pas empêché de créer une forme d’amitié entre nous ».

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Sidonie, docteur en sociologie, a été volontaire pour participer au projet parrainage du Collectif : « cela me paraissait important de m’investir. J’ai fait mes études à l’étranger, au Chili. J’ai été très bien accueillie, j’ai connu beaucoup d’étudiants et cela m’a marquée. J’ai eu envie de donner le change ». Pour Deniz, l’impact est réel : « tout cela m’a beaucoup aidé ».


Mots-clés : étudiants, isolement, parrainage



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