Une consommation de médicaments bouleversée par le coronavirus
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Une consommation de médicaments bouleversée par le coronavirus


Consommation covid-19 médicaments pharmacie

Le dernier rapport du 15 décembre 2020 de l’EPI-PHARE , un Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS), étudie les effets de la pandémie de covid19 sur la délivrance des médicaments en pharmacie d’officine. Entre surconsommation de psychotropes et baisse de certaines prescriptions, le directeur d’une pharmacie des Hauts-de-France relate les modifications de consommation qu’il observe depuis un an au cours de son exercice professionnel.

« Pendant le premier confinement l’activité de la pharmacie a presque doublé », confie Vincent Adèle Dit Renseville, docteur en pharmacie et responsable de la pharmacie Saint-Martin à Noeux- les-Mines dans les Hauts-de-France. « Les patients, craignant une pénurie de médicaments, se précipitaient dans les pharmacies », ajoute le praticien. « Mais depuis le mois de mai nous avons retrouvé un volume d’activité normal ».

La pharmacie Saint-Martin existe depuis octobre 2012. Une équipe formée de deux pharmaciens titulaires, un assistant et quatre préparateurs assure le bon fonctionnement de l’officine. La clientèle est plutôt âgée et se compose de nombreux retraités habitant ce « petit bourg du bassin minier ».

Un pharmacien derrière le comptoir de son officine. Vue d'ensemble à l'intérieur d'une pharmacie.

Il n’y a pas eu de manque de médicaments pour les pathologies chroniques déjà traitées. Les malades pouvaient renouveler leur traitement sans ordonnance, en accord avec les médecins prescripteurs. Par ailleurs les patients vivaient, au début, sur leurs « stocks de médicaments ». L’EPI-PHARE, un groupement d’intérêt scientifique (GIS) mis en place par les autorités sanitaires, précise que la télé consultation a permis le suivi des pathologies connues. « Ce n’est pas le cas à Noeux-les-Mines », précise Vincent Adèle Dit Renseville. « Le corps médical et la clientèle évitent l’informatique, ils préfèrent une relation directe ».

Toutefois, selon L’EPI-PHARE, « pour les nouveaux malades, un retard de mise en route des traitements a été constaté pour quelques classes thérapeutiques  ».

Mais pour le praticien, un « problème récurrent s’est aggravé durant la crise ». Il s’agit des nombreuses molécules génériques manquantes comme, par exemple, les anxiolytiques et les antidépresseurs. « Cela pourrait s’expliquer par le confinement chinois incapable de fournir les matières premières, par la fermeture des frontières chinoises, et par des enjeux commerciaux internationaux ».

Deux pharmaciens travaillent derrière le comptoir. Un pharmacien délivre des médicamnts à un client.

Une surconsommation de psychotropes

Les prescriptions de psychotropes ont progressé de 5 à 12% selon les classes de molécule. Cette augmentation reflète probablement l’impact psychologique important de l’épidémie de Covid-19 et ses conséquences sociales, professionnelles et économiques.

Par ailleurs, les ventes d’Hydroxychloroquine ont triplé en 2020, en lien avec sa médiatisation.

Gros plan sur une boite de xanax dans la main d'une pharmacienne. Gros plan sur une boite d'hydroxychloroquine (plaquénil).

Baisse de certaines prescriptions

Actuellement les anti-inflammatoires sont très peu prescrits. Les autorités sanitaires ont en effet mis en garde sur les possibles effets délétères de ces médicaments sur la Covid-19. « Par exemple, la vente de Nurofen a chuté de 30% depuis le début de la pandémie », confirme le pharmacien.

Les mesures barrières appliquées pour lutter contre la Covid-19 ont fait disparaitre les pathologies hivernales. « C’est pourquoi les ventes d’ Humex ou d’Actifed ont chuté de 80% sur les trois derniers mois », relate le professionnel de santé . « La consommation d’antibiotiques, pour la même raison, à très fortement diminué ».

L’EPI-PHARE attire l’attention sur l’effondrement des délivrances de produits nécessaires pour la réalisation des explorations fonctionnelles, notamment par voie endoscopique ou par imagerie médicale. Le risque est un retard de diagnostic et de prise en charge des malades atteints de pathologies tumorales. « Nous n’avons pas rencontré ce phénomène », rassure Vincent Adèle Dit Renseville. « Il n’y a pas de centre hospitalier sur le secteur ce qui explique que nous rencontrons peu ce type de prescription  ».

Vue sur une boite de Biocalyptol dans la main d'une pharmacienne. Vue sur une dizaine de boites de mécicaments.

Le cas des vaccins

 « Nous n’avons pas constaté de baisse dans la délivrance des vaccins obligatoires, comme le signale l’EPI-PHARE  », précise le pharmacien. « Cependant nous avons rencontré des difficultés avec le vaccin anti-grippal. La livraison de 600 doses a été vendue en une journée, suivie par une rupture de stock ».

Dans un avenir proche les pharmaciens pourraient participer à la campagne de vaccination anti-covid dans leurs officines. Le conseil de l’ordre, les syndicats et l’ Agence Régionale de Santé (ARS) étudient les modalités de cette participation probable.

Gros plan sur les mains du médecin tenant une boite de vaccin (...)

Texte et photos : Guy Leroy



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