À Lyon, un cocon pour les femmes victimes de la précarité
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À Lyon, un cocon pour les femmes victimes de la précarité


femme lyon Précarité social

Face à la précarité grandissante en France, AU TAMBOUR ! est le premier lieu d’accueil de jour réservé aux femmes sans leurs enfants à Lyon, leur permettant de s’accorder des pauses en toute sécurité.

En France, 40 % des personnes sans-domiciles sont des femmes. Un chiffre qui surprend car on ne les voit pas dans les rues. Leur vulnérabilité les oblige à se cacher, mais c’est bien une violence quotidienne qu’elles subissent. C’est pour cette raison qu’on les appelle « Les invisibles ».

Suite au documentaire "Femmes invisibles, survivre dans la rue"(2015) et au film de fiction "Les invisibles" (2019) offrir des lieux d’accueil aux femmes isolées est devenu une priorité. Aujourd’hui trop d’entre elles renoncent aux solutions d’hébergements mixtes habituels, synonyme de violence. Elles échappent alors à toute assistance et ne peuvent être prise en charge.

Le logo de l'association AU TAMBOUR ! sur la porte d'entrée du (...)

Un de ces centres est ouvert depuis juillet 2020 dans la métropole lyonnaise.
L’association, AU TAMBOUR ! est le premier lieu non-mixte dédiées aux femmes victimes de précarité, d’isolement et de violence à Lyon. D’une capacité d’accueil de 12 personnes, elle est composée de 2 salariées et de 25 bénévoles qui s’occupent des permanences.

A droite, Alessandra, en service civique et Laura, coordinatrice dans le (...)

« L’association s’appelle ainsi parce que le tambour, c’est un instrument de musique qui rassemble, qui est convivial et qui fait du bruit ! pour qu’on entende ces femmes », me précise Alessandra, en service civique dans l’association.

Alessandra, en service civique à l'association AU TAMBOUR (...)

Laura, salariée et coordinatrice de la structure, ajoute : « Depuis notre ouverture il y 6 mois, on a déjà eu 84 femmes qui sont venues au Tambour ! soit 444 passages. Nous accueillons sans conditions les femmes, afin qu’elles puissent s’offrir une parenthèse et s’autoriser à prendre soin d’elles. Elle peuvent venir se doucher , se poser, partager un café…c’est assez libre et cela dépend vraiment de ce qu’elles souhaitent.   »

La salle d'accueil où ont lieu les activités. Une commode du vestiaire dans lequel les femmes ont accès à de nouvelles (...)

Si elles le veulent, les femmes peuvent être orientées et accompagnées vers des dispositifs d’aide qui correspondent à leur situation personnelle. « Nous ne proposons pas d’accompagnement social, mais nous les orientons vers des partenaires », précise Laura.

Laura, salariée et coordinatrice de AU TAMBOUR !

Grâce au bouche à oreille, les femmes sont de plus en plus nombreuses à se rendre AU TAMBOUR !.

« En plus des permanences avec les bénévoles, nous avons commencé à mettre en place des activités avec une ostéopathe et des ateliers de théatre. Cependant, la période de confinement a stoppé et retardé beaucoup de nos initiatives en cours, notamment les activités en extérieur. », poursuivent Laura et Alessandra.

Les profils des femmes en situation de précarité a beaucoup évolué ces dernières années. Dans la rue, il y a de plus en plus de familles, de femmes célibataires avec enfants, de femmes victimes de violence domestique, de jeunes femmes rejetées par leur famille en raison de leur orientation sexuelle, de femmes en demande d’asile.
La création de ces lieux d’accueil pour les femmes, dirigées par des femmes, est d’autant plus important, pour leur permettre de se sentir en sécurité, de reprendre confiance en elles et en la société.

Texte et photos : Emmanuelle Firman



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