Sud-Ouest : face au tsunami immobilier la colère monte d’un ton
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Sud-Ouest : face au tsunami immobilier la colère monte d’un ton


basque Immobilier logement

Au Pays basque, l’exode post-confinement génère une nouvelle flambée immobilière. Avec une pénurie de location et l’achat immobilier inaccessible, la jeunesse locale est mise à mal. Excédée, une partie de la population locale le fait savoir.

Au Pays Basque, une nouvelle flambée immobilière, accentuée par la crise sanitaire, excède une partie de la population qui entame une rébellion nocturne. Façades d’agences immobilières taguées, banderoles et affichages anti-parisien fleurissent un peu partout depuis le troisième confinement. Avec des messages comme : "Parisiens, rentrez chez vous - Vous êtes le virus du Pays Basque" ou "Le Pays Basque n’est pas à vendre".

Sur les réseaux sociaux circulent des posts exhibant une devanture d’agence immobilière taguée pendant la nuit. Cependant, les premiers auteurs des affichages et banderoles expliquent leur démarche et la raison de leur mécontentement.

Dominique, directeur d’une agence immobilière exerçant sur la côte basco-landaise depuis 20 ans connait bien le secteur et la situation. Il a vu l’évolution s’accélérer et confie que "depuis le déconfinement de mai 2020, les règles du marché immobilier sont complètement bourleversées. La surenchère est devenue pratique courante, c’est du n’importe quoi ! Il y a eu l’avant-confinement et l’après-confinement, de là, on a été débordé. Les résidents des grandes villes de l’est et de la région Parisienne veulent tous venir habiter en Aquitaine sur la côte Atlantique".
Par ailleurs, il souligne "c’est normal, il ne reste plus beaucoup de zones dégagées sur les territoires côtiers, le poumon vert, il est ici. Les gens veulent la nature, un cadre et une qualité de vie, cela a complètement modifié leur façon de voir, de réfléchir, de faire".

Il a constaté qu’après le premier confinement, les prix de l’immobilier sur la côte basco landaise ont connu en quelques semaines une hausse spectaculaire de 30%. Dans certaines villes prisées, le second confinement a généré une nouvelle augmentation de 20%. Ce qui totalise, en moins d’un an, une flambée record.

Les transactions immobilières sont aujourd’hui réparties entre 40% d’acquéreurs locaux et 60% d’acheteurs hors région avec un profil plutôt aisé. Dans 80% des cas, ces nouveaux venus n’ont pas recours au crédit et achètent comptant.

La généralisation du télétravail enfonce le clou. Aujourd’hui il est possible d’habiter Bordeaux, Biarritz ou Hossegor en travaillant de la maison, en province, quitte à devoir rejoindre la capitale une ou deux fois par semaine, si nécessaire. Le monde du travail et son fonctionnement sont en train de changer en profondeur. Cela entraîne une délocalisation des problèmes de logements déjà existant dans les grandes métropoles et génère inévitablement des tensions à l’échelle locale.

A ce rythme, les « enfants du pays », primo-accédants ne font pas le poids et peinent à se loger. Aujourd’hui ces jeunes trentenaires, Basques et Landais sont pour une large majorité, contraints de vivre en location dans de vieux logements énergivores, s’accomodent de colocations ou quittent leur ville, leur village natal.

Julie, 31 ans vit et travaille à Biarritz. Avec son conjoint, ils cherchent depuis des mois un logement à un prix accessible, raisonnable. Chaque jour elle consacre un temps de recherche sur internet dans l’espoir de trouver la perle rare.

Texte et photos Chrystel Echavidre

Voir en ligne : tension pays basque flambee immobiliere


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