A Bayonne, un havre de paix pour les migrants en transit
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A Bayonne, un havre de paix pour les migrants en transit


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Après des milliers de kilomètres sur les routes, les populations de migrants arrivent à la frontière épuisés, affamés et souvent blessés ou malades. Bien qu’il ne soit plus rattaché au centre d’accueil Pausa de la ville de Bayonne, le collectif Diakité à décidé de continuer à leur venir en aide. Une poignée de bénévoles irréductibles leur souhaitent la bienvenue et leur propose une pause salvatrice, un moment de détente avant de reprendre la route.

Depuis leur départ du centre d’accueil Pausa, à Bayonne, les bénévoles réunis au sein de l’association Collectif Diakité poursuivent leurs actions au profit des migrants en transit.
Courant 2018, avec la fermeture des frontières italiennes, les populations de migrants arrivant d’Afrique (Cameroun, Mali, Guinée, Ethiopie) sont contraintes d’effectuer le détour par le Maroc, puis l’Espagne avant d’arriver à Irun. De là, ils remontent vers la France, l’Allemagne et le nord de l’Europe. Les passeurs déposent hommes, femmes et enfants place des Basques à Bayonne, de nuit, sans abris, sans soins ni nourriture.
Interpellés par la détresse de ces populations fragilisées par une longue route et abandonnées à leur sort, de simples citoyens commencent à s’organiser pour distribuer des repas chauds et des produits de première nécessité, dans la rue. Devant le flux grandissant ils décident sur un coin de trottoir de créer avec plus de 60 bénévoles le collectif Diakité. Ils seront à l’initiative en 2018 de l’ouverture à Bayonne du centre Pausa (du mot "pause" en Basque). Il s’agit d’un lieu de transit sécurisé, permettant aux migrants de se reposer, se soigner et de reprendre des forces avant de repartir vers leur destination finale. Ils peuvent y rester à l’abri pendant trois jours.

Point de fracture
Très vite les actions se coordonnent et s’organisent. La ville de Bayonne met à disposition un ancien bâtiment militaire et le collectif Diakité gère pendant deux ans l’accueil de plus de 16000 migrants autour de cinq grands pôles : accueil, vestiaire, repas, transport et médical.
Au cours des deux années de collaboration avec la ville de Bayonne, le collectif Diakité à vu plusieurs de ses requêtes d’amélioration refusées. Le point de fracture intervient après un nouveau refus de la mairie concernant l’implantation d’une antenne Médecin du Monde qui aurait permis de donner un cadre légal au pôle médical du centre, d’avoir une pharmacie sur place disponible 24h/24 pour les urgences, mais également de "protéger" la responsabilité des équipes médicales pendant leurs actions de bénévolat. Ne pouvant protéger ses bénévoles, le 18 décembre 2020, la présidente a dû annoncer le retrait du collectif du centre de Pausa.

Façade du centre Pausa - Février 2021

La ville de Bayonne maintient cependant l’existence du centre Pausa avec une organisation allégée. Vidé des 60 bénévoles du collectif Diakité, il ne reste que très peu de personnel pour s’occuper des migrants qui doivent aujourd’hui se débrouiller seuls à l’intérieur du centre. Les migrants n’ont désormais accès aux soins que deux jours-et-demi par semaine, via le dispositif PASS (Permanence d’accès aux soins de santé).

Fort de ce constat, le collectif et ses nombreux bénévoles s’adaptent. Grâce à un nouvel élan de solidarité, un petit local est mis à leur disposition quelques jours par semaine afin de leur permettre de poursuivre leur action.

Une bénévole apporte les dons du jour.

Le Docteur Jean Déaux, médecin généraliste en retraite active et ancien de Médecin du Monde a fait le choix de lui aussi poursuivre son action en marge du centre Pausa. Sa présence est précieuse : il écoute, soigne les maux du quotidien, accompagne des mères sur le point d’accoucher mais surtout diagnostique et coordonne la prise en charge de pathologies plus lourdes nécessitant parfois des hospitalisations d’urgence. Le soutien médical est également indispensable pour les maux non visibles : "les personnes en migration sont physiquement fatiguées et désorientées, elles ont besoin d’un temps de parole, d’un temps d’écoute" explique-t-il.

Jean Déaux, médecin consulte dans un coin à l’écart.

Pharmacie de premiers soins et des test anti-covid.

Lucie Bortayroux, présidente de l’association, rappelle que "depuis qu’ils sont partis de chez eux, personne ne leur à dit bienvenue, nous devons continuer de leur apporter un soutien".

À quelques pas de Pausa, des pots d’accueil, des goûters pour les enfants, des distributions de vêtements et produits d’hygiène, des moments d’échanges, des consultations médicales ainsi que les premiers soins sont proposés aux migrants

Service au comptoir du pot d’accueil et d’une collation.

Une bénévole aide un enfant à choisir un livre de son âge.

Les accueillis s’équipent de vêtements chauds.

Un jeune migrant capture un souvenir de cette après midi de trève.

Texte et photos Chrystel Echavidre


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